Le bio part l’assaut des tables des restaurants

Nolwenn, Isabelle Carrère, Jean-Philippe Moulinier, Emilien Rouable et Laure Verdeau lors de la conférence de presse de présentation le 11 septembre au salon Omnivore. ©Restauration21

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              La campagne « Cuisinons Plus Bio » a été présentée le 11 septembre sur le stand de l’Agence bio lors du Sirha Omnivore au Parc Floral de Paris.

En 2022, la restauration, tous circuits confondus a acheté pour 715 M€ HT de produits issus de l’agriculture biologique (en une progression de 17 % par rapport à 2021) selon les chiffres annuels de l’Agence bio. Ce qui pèse pour moins de 2 % des achats des restaurateurs alors que ces derniers représentent un énorme débouché avec 170 000 restaurants et  80 000 cantines. Baptisée « Cuisinons plus bio », la campagne européenne en faveur du bio en restauration commerciale et collective et portée en France par l’Agence bio veut inverser la tendance. « Si le marché des produits bio se replie, la France va perdre son leadership en matières de surface agricole [qui est de 10 %], avertit Laure Verdeau, la directrice de l’Agence bio,  les restaurants sont les alliés de la bio. Notre objectif est que chacun d’entre eux en mette un peu à sa table ».

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L’Agence bio  dispose d’une enveloppe de 1,9 M€ sur 3 ans pour séduire les chefs de cuisine, quelque soit le segment sur lequel ils travaillent. Pour  y parvenir, 13 cuisiniers ambassadeurs, déjà utilisateurs de produits bio, iront à la rencontre de leurs collègues sur tout le territoire. Parmi eux : Isabelle Carrère (traiteur 100 %bio La Cuisine de Demain à Strasbourg), Amal Bena (food truck de cuisine libanaise Aïda), Emilien Rouable (restaurant L’Inattendu à Villecresnes), Jean-Philippe Moulinier (lycée horticole à Saintes). Présents lors de la conférence de presse, ils expliquent que travailler des produits est rentable et que le surcoût peut être compensé par des achats groupés, la lutte contre le gaspillage, l’utilisation de légumes moches ou encore l’utilisation de l’entièreté du produit. « Je propose ce que la nature impose » résume Emilien Rouable qui travaille avec la Ferme Hozabeilles, spécialisée en production maraîchère biologique. Jean-Philippe Moulinier met dans les assiettes des élèves du lycée quasiment 65 % de produits bio pour un coût matière par repas de 2,20 €.

Plateforme digitale
Dotée d’une identité propre, l’opération se déploiera dès la fin de cette année sur une plateforme digitale BtoB cuisinonsplusbio.fr où seront mis en ligne des outils, des bonnes pratiques et des infos pour les professionnels. Des actions terrain seront organisées sur le territoire auprès des acteurs de tous les circuits de  la RHF. La sensibilisation au bio des élèves en écoles hôtelières est également au programme.

Amal Bena et son food truck de cuisine libanaise Aïda ont restauré une partie des visiteurs su salon Omnivore ©Restauration21

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Lydie Anastassion

Journaliste spécialisée en restauration depuis plus de dix ans et diplômée de Paris-Dauphine, Lydie Anastassion dirige Restauration21, un média professionnel dédié aux enjeux durables du secteur. Elle enseigne également le développement durable en hôtellerie-restauration à l'EPMTTH.

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