« Acti’verre », le nouveau service de logistique inverse de France Boissons

Image003Présenté en mai dernier, le nouveau service de logistique inverse de France Boissons (filiale à 100 % de Heineken France) a un nom : Acti'Verre. Le concasseur de verre perdu réduit les volumes de verre de 80 % et permet de stocker près de 20 kg de verre broyé, répondant ainsi aux contraintes de stockage du verre dans les établissements CHR. Le service mis en œuvre par distributeur intègre la mise à disposition d’un concasseur de verre (fabriqué en Belgique),  la formation assurée lors de l’installation, la gestion intégrale du cycle du verre perdu (fourniture des bidons vides, reprise des bidons pleins…), jusqu’au service après-vente.

 

Marc Lavanant est le patron de l'Arena Café à Brest  (29), l'établissement a participé au test mis en place par France Boissons.  "Depuis 5 mois, nous avons installé le broyeur, à côté de la réserve. Une seule personne s'occupe de cette tâche alors que précédemment 2 personnes allaient jeter les cols perdus à la benne tous les soirs". Un fût de 20 litres lui permet de stocker  50 à 60 bouteilles de 75 cl concassées. Selon son activité, il remplit entre 15 et 20 fûts par mois. Ce qui lui coûte 79 euros par mois pour la location du broyeur plus 5 € par fût récupéré.

 

Collecté lors des livraisons, les fût sont stockés sur les sites France Boisson. Le verre est ensuite transformé en calcin (petits morceaux) puis récupéré par les verriers qui les réintègrent dans la production de bouteilles, dans une logique d'économie circulaire.

 

France Boissons compte déployer cette nouvelle offre auprès de 150 clients d'ici à 3 ans (une cinquantaine actuellement). Le gisement de verre perdu consommé en CHR et récupérable via la logistique inverse est estimé à 300 000 tonnes par an, selon une étude réalisée en 2013 par la FNB (Fédération Nationale des Boissons), l'ADEME et Adelphe. Le verre à usage unique représente environ 80% de la totalité des formats d’emballages perdus (en tonnage) en CHR. Aujourd’hui, seulement 5 % des établissements ont recours à des alternatives privées. La récupération et le recyclage du verre perdu est donc principalement géré par les collectivités locales qui proposent 2 dispositifs  principaux : 'l’apport volontaire' dans des conteneurs (83 % des cas) et le 'porte à porte' (17 % des cas). "En 'apport volontaire', entre 20 et 50% du verre perdu est effectivement trié par le CHR, puis recyclé, alors qu’en 'porte à porte', la moyenne oscille entre 50 et 85 %" précise l'étude.

 

Déployée à l’échelle nationale et étendue, en plus du verre perdu, aux cartons de regroupement et aux emballages légers, la mise en place de ce système de logistique retour par tous les acteurs CHR pourrait permettre de réduire jusqu'à 32 M€ par an (collecte sélective du verre et étapes de traitement de l'ensemble des emballages) la facture des collectivités.

 

Sur le sujet :

France Boissons annonce le déploiement de son offre de concasseurs de verre perdu, le 23/05/2014

Les distributeurs-grossistes en boissons s'attaquent à la gestion des emballages "perdus", le 23/10/2013.

C10 planche sur la récupération du verre perdu, le 02/07/2013.

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Lydie Anastassion

Journaliste spécialisée en restauration depuis plus de dix ans et diplômée de Paris-Dauphine, Lydie Anastassion dirige Restauration21, un média professionnel dédié aux enjeux durables du secteur. Elle enseigne également le développement durable en hôtellerie-restauration à l'EPMTTH.

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