L’affichage environnemental : vers un début de chiffrage

Evea - Impacts restaurants - +®tiquetteDans le
cadre de sa 5e promotion, le Cycle des Hautes Etudes en Développement Durable
(CHEDD Pays de la Loire), en partenariat avec Evea Tourisme et le distributeur
de boissons C10, a lancé une étude sur l'affichage environnemental dans le secteur
des CHR indépendants. Une enquête réalisée sur 3 restaurants nantais – Le Téo,
le Michelet et la Taverne du Château – complétée par un sondage auprès d'une
trentaine d'établissements sur leurs pratiques et leurs équipements, a permis
de mettre en exergue des ordres de grandeur. Une ébauche de l'affichage environnemental
en  restauration présentée le 3 juin à
Nantes (44).

 

Selon les
résultats obtenus, un repas servis en restauration commerciale représenterait
2,5 m3 d'eau consommées (tout au long du cycle de vie des
ingrédients utilisés – plus de 98 % proviennent donc de la phase de production
des produits alimentaires et environ 40 litres sont consommés sur site pour la
préparation du repas et l'usage sanitaire), 8 kg équivalent CO2 émis (90 %
proviennent de l'achat des produits), 13 kWh d'énergie primaire et 230 g de déchets
(dont 80 % de déchets alimentaires).

 

Dans un bar,
ces chiffres sont pour la consommation d'une boisson  : 63 litres d'eau (en analyse de cycle de
vie), 140 g équivalent CO2, 0,6 kWh et 13 g de déchets.

 

" 90 % des achats alimentaires passent par des
distributeurs et des grossistes. Leur rôle est incontournable dans la mise en œuvre
de l'affichage environnemental
" souligne Hubert Vendeville, directeur
d'Evea Tourisme.

 

Les travaux menés font suite à l'expérimentation d'affichage national
lancé par le Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie
(MEDDE) de juillet 2011 à juillet 2012. Sur les 168 entreprises volontaires sélectionnées
(sur 230 candidates tous secteurs confondus), 151 sont allées jusqu'au bout. En
juillet 2013, un rapport sera envoyé au Parlement. Des négociations suivront au
sein du Conseil national du débat national sur la transition énergétique en octobre
et en novembre sur le déploiement de cet affichage. Le consensus reste à
définir pour définir des indicateurs écologiques pertinents et compréhensibles
par les consommateurs.

 

  • "Les consommateurs veulent des impacts chiffrés – "Les consommateurs sont en attente d'une
    information environnementale sur les produits. 
    Ils en ont assez des allégations vagues, ils veulent des impacts
    chiffrés
    ", explique Jean-Paul Ventère, chargé de projet "produits
    et consommation durable", Ministère de l'Ecologie, du Développement
    durable et de l'Energie. Les chiffres  devront être " fiables" pour les consommateurs et "peu coûteux" à obtenir pour les entreprises qui devront avoir
    à leur disposition un "accompagnement
    technique
    " et des "outils calcul
    automatique
    ".

 

 

EE-restaurant-0911Mise en
place au restaurant des Orangeries à Lussac Les Châteaux (86), l’étiquette
suivante indique les émissions de CO2 représentées par le nombre de km parcourus
en voiture, le pourcentage d’ingrédients issus de l’agriculture biologique et
l’origine géographique des produits pour une gamme de plats issus de la carte.
L'établissement qui a pris part à l'expérimentation nationale sur l'affichage environnemental
a voulu montrer la comparaison d’un plat courant ordinaire, tel que le steak
frite, avec ses plats qui suivent une démarche "biolocavore".

 

Lire également sur le sujet :

 

"Affichage environnemental : 3 hôtels et des entreprises
agro-alimentaires se lancent dans le test grandeur nature
" publié le
13/03/2011.

"Un menu "carbon light" aux Orangeries", publié
le 26/03/2012.

 


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Lydie Anastassion

Journaliste spécialisée en restauration depuis plus de dix ans et diplômée de Paris-Dauphine, Lydie Anastassion dirige Restauration21, un média professionnel dédié aux enjeux durables du secteur. Elle enseigne également le développement durable en hôtellerie-restauration à l'EPMTTH.

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