Tri des déchets : 15 enseignes de la restauration signent un contrat d’engagement avec Brune Poirson

Brune Poirson demandent aux enseignes de restauration rapide de rendre des compte. ©Restauration21

Brune Poirson, secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire, a fait signer ce matin à 15 enseignes (1) de la restauration rapide un contrat d’engagement pour le tri de leurs déchets. Les signataires ont 3 ans pour mettre en conformité en matière du tri 5 flux et des biodéchets. 70 % de leurs restaurants devront être opérationnels au 31 décembre 2019, puis 90 % au 31 décembre 2020 et la totalité  fin 2021. Tous les 6 mois, les chaines de restauration rendront des comptes à la secrétaire d’Etat sur leurs progrès via la transmission d’une information détaillée restaurant par restaurant, qu’il soit détenu en propre, en concession ou en franchise.

Chaque année, la restauration rapide qui compte 30 000 points de vente sert 6 milliards de repas et génèrent environ 180 000 tonnes d’emballage et 60 000 tonnes de déchets alimentaires. Début 2019, Brune Poirsonavait donné 2 mois aux poids lourds du secteur pour proposer un plan de mise en conformité en matière de tri de leurs déchets. Mais, peu convaincue par leurs propositions, elle les a enjoins, à lami-mai, de lui remettre une copie corrigée le 7 juin.

A leur sortie du ministère de la Transition écologique et solidaire, quelques acteurs de la restauration ont accepté de livrer un bref commentaire au micro des  journalistes, la plupart d’entre eux préférant opter pour la réserve et un départ rapide.  « Nous allons anticiper l’échéance de 2025 pour les biodéchets. La question est de savoir où vont les déchets triés dans nos restaurants» a commenté Thomas Battistini, président de Healthy Group (Jour). Pour Sylvia Touboulic-Barretau, responsable RSE de la Mie Câline, « il va falloir travailler sur la collecte des déchets. »

Les filières de collecte ne sont-elles pas organisées pour récupérer et valoriser le gisement du tri 5 flux  ? « Les opérateurs nationaux de la collecte des déchets ont confirmé être en mesure d’assurer la collecte des déchets de l’ensemble des établissements de  restauration sur l’ensemble du territoire » assure le ministère. «Les enseignes reportent leur inaction sur l’absence de filière de collecte, mais de toute façon, il faut bien s’attaquer au problème par un bout » ajoute en off une source au ministère.

« La loi a été votée en 2016, elle n’est pas respectée. J’estime que l’ensemble de ces enseignes ont eu le temps de se mettre en conformité » insiste Brune Poirson. Elle ne cache pas qu’elle n’hésitera pas  à pratiquer le name and shame – communiquer le nom des enseignes mauvaises élèves – si les engagements ne sont pas tenus. Et à durcir les sanctions, notamment via la future loi anti-gaspillage pour une  économie circulaire qui sera discutée en juillet.

Conviée également au ministère de la transition écologique et solidaire, La Brioche Dorée, absente, ne figurait pas parmi les signataires, selon le secrétariat. Mais sur son compte twitter, l’enseigne a apporté la précision suivante dans la journée :

(1) Burger King, Class’Croute, Cojean, Domino’s  Pizza, Exki, Five Guys, Paul, KFC, Jour, La Croissanterie, McDonald’s,  La Mie Câline, Pomme de Pain, Starbucks, Subway.

Partager cet article

Lydie Anastassion

Journaliste spécialisée en restauration depuis plus de dix ans et diplômée de Paris-Dauphine, Lydie Anastassion dirige Restauration21, un média professionnel dédié aux enjeux durables du secteur. Elle enseigne également le développement durable en hôtellerie-restauration à l'EPMTTH.

COMMENTAIRES (0)