Planet 21 : des indicateurs Développement Durable en progrès mais en-deçà des objectifs initiaux affichés par AccorHotels

Photo©Restauration21.frLes indicateurs actualisés pour l'année 2014 de Planet 21, le programme Développement durable d'AccorHotels (nouveau non du groupe Accor), sont publiés dans le rapport RSE 2014 du groupe, consultable en ligne. Restauration21 a choisi de mettre en exergue l'eau, l'énergie et les émissions de gaz à effet de serre (GES), d'autant plus que le groupe hôtelier français  "sera partie prenante" de la COP 21. "Un comité de pilotage, sous la responsabilité de Sven Boinet, travaille actuellement sur le sujet et un accord de partenariat avec la COP 21 est en cours de signature" indique le service communication du groupe. Sur 2012-2015, AccorHotels (3 700 hôtels dont 1 400  en propriété) s'est fixé des objectifs ambitieux  et livre tous les ans un bilan chiffré des avancées des indicateurs. En 2014, la consommation d'eau par client à périmètre comparable dans les hôtels filiales et managés a chuté de 1,4 %. Sur la période 2011-2014, la baisse enregistrée est de 5,6 %, l'objectif étant de réduire de 15 % la consommation d'eau sur 2012-2015. Après une légère augmentation de sa consommation d'énergie en kWh par chambre disponible en 2013 (+0,3 %) , le groupe l'a réduite en 2014 de 4,3 %. Sur 2012-2015, la baisse de  4,5 % est jugée dans le rapport (page 64)  "insuffisante à ce stade pour s'inscrire dans la trajectoire de l’objectif de réduction de 10 % fixé pour  2015". Il est souligné dans le document que le groupe "continuera donc de déployer des actions spécifiques  pour l’amélioration et l’optimisation du management de l’énergie  au sein des hôtels  l'objectif fixé étant de parvenir à une baisse de 10 %". Enfin les émissions de CO2 par chambre disponible sont en recul de 3,8 % sur 2011-2014. A un an du bilan global,  Arnaud Herrmann, directeur Développement durable d'AccorHotels, nous livre un éclairage des progrès enregistrés.

 

Restauration21- Les indicateurs sont sur la bonne voie. Néanmoins  les objectifs initiaux ambitieux de réduire de 15 % la consommation d'eau, et de 10 % celle de l'énergie et des émissions de GES  ne mettent-ils pas un  bémol sur les progrès réalisés ?

 

Arnaud HerrmannArnaud Herrmann – L'eau et l'énergie sont des sujets fondamentaux. Les premiers résultats ont été  relativement faciles à obtenir. Le personnel technique a rapidement détecté les irrégularités, les fuites, les éléments qui causaient une surconsommation. Nous avons systématisé les installations de détecteurs automatiques de présence pour l'électricité, les régulateurs de débit de l'eau. Le personnel a été formé. Nous avons utilisé ce premier levier d'action avec succès, il faut en trouver d'autres. Essayons maintenant de travailler en boucle, selon la logique ce circularité. Par exemple, en installant des citernes de récupération d'eau de pluie pour l'arrosage, parfois pour les chasses d'eau quand les règlements propres à chaque pays nous le permettent. Nous testons, par exemple, une douche où l'eau tourne en boucle à 80 %. Pour l'énergie, on est dans le même clivage court terme / long terme : des avancées ont été enregistrées grâce à des actions efficaces et nous devons trouver de nouvelles pistes. Au niveau de la construction, tous nos nouveaux hôtels seront désormais construits selon des labels de construction durable et certifiés selon les standards de performance environnementale et énergétique (LEED, BREEAM, HQE). Partout dans le monde, le renchérissement du  coût de l'énergie incite nos hôteliers à développer des stratégies pour alléger leurs factures. Quant aux émissions de CO2 d'un hôtel, elle sont à 75 % liées à sa consommation d'énergie.

 

 

Restauration21 – Qu'en est-il de l'empreinte en eau de l'activité restauration ?  Selon les chiffres communiqués en 2011, elle était de plus de 80 %.

 

Arnaud Herrmann – Nous avons remis à jour notre empreinte environnementale en 2014. En 2011, 80 % de notre empreinte en eau était liée à l'alimentation et à la restauration. en 2014, les chiffre confirment le poids de l'amont agricole qui est responsable de 39 % la consommation en eau. Pour la réduire, il faudrait agir sur la carte et les produits. Avec Bridor, nous avons travaillé sur une analyse de cycle de vie des croissants et baguettes. Grâce à l’amélioration du processus de  fabrication, l’entreprise a pu diminuer ses consommations d’électricité et d’eau de respectivement 10% et  30% en trois ans.

 

Restauration21 – Au-delà de l'eau, l'énergie et les GES, quel bilan tirez-vous à un an du bilan global de Planet 21 ?  Quel prolongement envisagez-vous de donner au programme après  2015 ?  

 

Arnaud Herrmann – Nous sommes au-delà de nos objectifs sur la moitié des items du programme Planet 21. Par exemple, 41 % des hôtels ont une certification de management environnemental. 90 % des hôtels trient les déchets.  En prolongement du travail accompli, nous allons mettre en place un plan sur la période 2016-2020.

 

Sur le sujet :

Accor veut soumettre la "Résolution de l’Arbre" lors de sa prochaine AG, le 20/04/2015.

Premier bilan pour Planet 21, le 29/04/2013.

Consommation et pollution de l’eau : Accor veut agir dans les assiettes, 14/12/2011.

 

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Lydie Anastassion

Journaliste spécialisée en restauration depuis plus de dix ans et diplômée de Paris-Dauphine, Lydie Anastassion dirige Restauration21, un média professionnel dédié aux enjeux durables du secteur. Elle enseigne également le développement durable en hôtellerie-restauration à l'EPMTTH.

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